"Inside Llewyn Davis", la Folk est une musique vivante :
New York, hiver 1961.C’est sur une scène folk de Greenwich village encore méconnue que Llewyn Davis, un chanteur plutôt doué, enchaine les petites représentations dans les bars. Il a pour philosophie de vivre sa vie au jour le jour, squattant sans cesse le canapé des autres. Essayant tant bien que mal de gagner sa vie par la musique, il rencontrera un tas de problèmes, à commencer par ceux qu’il se crée lui-même... Ce personnage fictif crée par les frères Coen s’inspire librement de plusieurs vrais artistes de l’époque. Il est ici vu comme l’initiateur d’un certain mouvement « Folk music » et le prédécesseur d’écrivains surdoués de la chanson (comme Tom Paxton, Leonard Cohen, et surtout Bob Dylan). Sachant que, eux, rafleront la mise seulement quelques années plus tard, ça laisse un brin d’amertume pour ce personnage attachant...
Ce que l’on retiendra de ce film, c’est la complicité flagrante entre les frères Coen (coté réalisation) et Oscar Isaac (l’acteur principal). Les premiers ont en effet créé un personnage fascinant, pathétique et touchant à la fois, qui est interprété avec grâce par le second. C’est une prestation hors-norme que livre Oscar Isaac, aussi bien en tant qu’acteur que musicien. Car oui – faut-il le rappeler – il interprète lui-même les chansons portées à l’écran. La majorité du casting réalisant cet exploit, il faut aussi saluer les seconds rôles (Justin Timberlake, Carey Mulligan ou encore John Goodman) qui complètent brillamment le tableau.
Comment parler d’Inside Llewyn Davis sans parler de sa bande-son. Car, sans être un film musical à part entière, il a pour thème principal la Folk. On attendait donc avec impatience la bande originale. Produite par T-Bone Burnett, elle est en partie composé par Marcus Mumford – leader du groupe folk actuel Mumford and Sons. Insufflant une réelle authenticité, celle-ci ne nous a pas déçus. Elle porte en effet le film vers le haut, transposant à l’écran une atmosphère palpable du New York de l’époque. On écoute avec passion les morceaux et, lorsqu’ils se terminent, attendons avec hâte le prochain ! Il est d’ailleurs à noter que certaines chansons sont des reprises de celles écrites par Dave Van Ronk ; un musicien qui a sensiblement connu la même trajectoire de vie que celle de notre Llewyn Davis, dont l’autobiographie ‘’Manhattan Folk Story‘’ a été une grande source d’inspiration pour les Coen.
Et si ce film est aussi vivant, c’est grâce à une reconstitution travaillée. Elle aussi authentique, elle fait ressortir les moindres nuances de l’ambiance du New York des années 60.
C’est ainsi, sans raconter une histoire des plus excentriques ou spectaculaires, que les frères Coen nous passionnent. Un récit réaliste et touchant sublimé par son casting, sa bande son et sa reconstitution. Un des plus beaux films de 2013 ? Poétique, gracieux, humoristique, parfois tragique et souvent nostalgique, Inside Llewyn Davis, est un vrai beau film tout court.


